lecube    independent art room    rabat - morocco
2018    2017    2016    2015    2014    2013    2012    2011    2010    2009    2008    2007    2006    2005

La Table des matières

Georges Didi-Huberman filmé par Henri Herré

10.05. - 22.06.2018

Henri Herré © "La Table des Matières", videostill
Henri Herré © "La Table des Matières", videostill

    Vernissage le jeudi 10 mai à partir de 18h30
    Exposition du 11 mai au 22 juin 2018

Il existe déjà de nombreux films sur des ateliers d’artistes, on trouvera ici un film sur l’atelier d’un philosophe. Un philosophe qui, singulièrement, fabrique sa pensée sous nos yeux, à la main, à l’aide des outils qu’il s’est forgé. (…)
Il ne s’agit pas d’un projet de film au sens où nous aurions décidé, un beau jour, de « faire un film » ensemble parce que l’occasion s’y prêtait. Il s’agit d’abord de rendre sensible le travail en train de se faire et de nous retrouver avec, chacun, nos outils en main. (…) On se retrouve donc autour de la grande table de couturière qui est une table de travail et devient, pour l’occasion, notre « table des matières » de toutes ces images qui serviront à des textes, des conférences, des expositions. 
Nous nous sommes proposés de filmer deux ou trois jours par an pendant plusieurs années. Nous ne préparons surtout pas le tournage. Il n’y a pas l’artifice qui consisterait à remettre en scène le travail. C’est le travail lui-même qui décide, qui prend la parole, qui impose sa temporalité.
Nous aspirons à un dispositif ouvert. (…) Nous lâchons un papillon à travers le champ de la caméra. Nous lui laissons libre cours, nous nous laissons libre cours, nous laissons libre cours au spectateur – puisse-t-il se sentir le troisième, notre alter ego, autour de cette table... Invitation à regarder notre journal de travail, essayant de répondre à la délicate question : comment filmer le travail d’une pensée ?
Henri Herré et Georges Didi-Huberman
 

bauhaus imaginista: learning from

Avec Kader Attia, Marion von Osten et Grant Watson, Maud Houssais et Fatima-Zahra Lakrissa

23.03. - 20.04.2018

Kader Attia, "Signs of Reappropriation as Repair", 2017, Single projection of 80 slides
Courtesy of the artist
Kader Attia, "Signs of Reappropriation as Repair", 2017, Single projection of 80 slides
Courtesy of the artist
 
Vendredi 23 mars à 17h : Rencontre au Goethe-Institut de Rabat
avec Kader Attia (artiste, Berlin), Marion von Osten et Grant Watson (curateurs de bauhaus imaginista, Berlin/Londres), Maud Houssais et Fatima-Zahra Lakrissa (chercheuses en histoire de l'art, Rabat)
 

Vendredi 23 mars à 19h: Vernissage au Cube - independent art room
Exposition jusqu'au 20 avril 2018

Samedi 24 mars: workshop avec Marion von Osten et Kader Attia au Cube - independent art room


En 1910, l'exposition « Chefs-d'œuvre de l'art mahométan » à Munich présentait des tapis exposés sur les murs comme des peintures ; exposition qui a incité de nombreux européens à visiter le Maghreb pour étudier ses savoirs artisanaux locaux. 
En 1927 - 13 ans après son voyage à Tunis - Paul Klee, alors enseignant au Bauhaus, a créé un dessin inspiré des ‘Kilims’ monochromes réalisés par des Berbères tunisiens. En étudiant sa structure et ses motifs, Klee a développé une relation entre l'objet artisanal, les arts décoratifs et un langage spécifique de l'abstraction.
 
Le dessin « Teppich » (tapis) de Klee est l’un des quatre objets sur lesquels se focalise le programme bauhaus imaginista. Il met en lumière l'une des nombreuses tentatives des artistes du Bauhaus d’apprendre des pratiques pré-modernes et de déclencher des débats autour des lectures transculturelles des objets vernaculaires. Le dessin de Klee ouvre la question d'un point de vue contemporain : comment et à travers quels cadres les objets d'artisanat sont transformés en une œuvre d'art ou un design innovant ? Qu'est-ce qui est acquit et qu'est-ce qui est dissimulé dans de telles lectures?
 
Selon l'artiste franco-algérien Kader Attia, les objets non-occidentaux que l’on retrouve dans les musées, comme les tapis berbères, ont été détachés de leur signification originelle avec leur retrait de leur contexte initial. Par un processus inconscient, ils ont été nettoyés du corps physique et social auquel ils doivent être reliés pour fonctionner et être complets. Pour comprendre pleinement l'identité d'un objet, Attia soutient que nous devons le reconnecter au corps.
Dans le cadre de bauhaus imaginista, Kader Attia produit un nouveau film, basé sur des études sur des bijoux berbères qui, en plus des métaux traditionnels et des pierres précieuses, ont également utilisé des pièces de monnaie importées par les puissances coloniales. Au travers de l'appropriation de la monnaie européenne, cet argent s'est détaché de sa valeur originelle. Les photographies de bijoux berbères tirées du nouveau film d'Attia dévoilent une relation complice entre tradition et modernité et soulignent comment les rencontres interculturelles déclenchent toujours un processus sans fin d'échange et de réappropriation.
 
C'est ce processus ouvert de lectures transculturelles qui a également été à la base du mouvement artistique post-indépendantiste marocain des années 1960. Les artistes et designers de Casablanca ont revisité le programme du Bauhaus en se tournant vers l'artisanat local. Pour eux, comme le démontrent les recherches réalisées par Maud Houssais ici présentées, l'artisanat amazigh offrait une alternative à l'éducation artistique classique issues de la tradition des Beaux-Arts mise en œuvre sous la domination coloniale française. Affirmant la nécessité de décoloniser la culture et le programme des écoles d'art, les artistes et intellectuels comme Farid Belkahia, Mohamed Chabâa, Bernt Flint, Toni Maraini et Mohamed Melehi ont revisité les formes d'art populaire pour créer une nouvelle langue post-coloniale visant à repenser les arts. Ces interpénétrations entre différentes structures de connaissances, qui dépassent la hiérarchie habituelle entre le manuel et le l’intellectuel, entre la culture populaire et la culture de l'élite, est toujours un défi pour les institutions artistiques d'aujourd'hui.
 
Comment la lecture des cultures peut-elle être décolonisée ? Avec le lancement du programme annuel de bauhaus imaginista à Rabat les 23 et 24 mars 2018, cette question se reflète dans l'étude des objets vernaculaires et des projets parallèles au XXe siècle qui voulaient dépasser les paradigmes occidentaux de la production de connaissances et transfert.
 
http://www.bauhaus-imaginista.org/editions/3/learning-from
 
______
 
Le programme international d’expositions et de recherche bauhaus imaginista sera lancé au Maroc le 23 mars à l’occasion du centenaire de la fondation du Bauhaus - célèbre école allemande d’art, de design et d’architecture.
En présence de Kader Attia (artiste franco-algérien basé à Berlin), une table ronde, une exposition et un atelier exploreront les connections et les transferts culturels opérant entre le mouvement allemand du Bauhaus et les artistes et artisansformes d’art traditionnels et modernes d’Afrique du Nord. 
Cet évènement inaugure le cycle bauhaus imaginista, un programme international de recherche, d’expositions et d’évènements consacré à la réception du Bauhaus dans le monde au cours du 20ème siècle.

Le projet est financé par la déléguée du gouvernement fédéral allemand à la Culture et aux Médias, la Fondation fédérale allemande pour la Culture, le Ministère allemand des Affaires étrangères, et suivi par les médias 3sat et Deutschlandfunk Kultur.
bauhaus imaginista est réalisé en collaboration avec le China Design Museum / China Academy of Arts (Hangzhou), l’Independent Administrative Institution of National Museum of Art / The National Museum of Modern Art Kyoto, Garage Museum of Contemporary Art (Moscou), SESC São Paulo et Le Cube – independent art room (Rabat).
Projet réalisé en partenariat avec les Goethe-Instituts en Chine, New Delhi, Lagos, Moscou, New York, Rabat, São Paulo et Tokyo.
 

HERstory

curators zone avec Julie Crenn et Pascal Lièvre

21.02. - 16.03.2018

 
  Résidence du 21 février au 5 mars
  Vernissage le vendredi 23 février à 18h30
  Exposition du 24 février au 16 mars 2018
  Table ronde à l’Institut Français de Rabat le lundi 26 février à 19h
  Rencontre et présentation des entretiens réalisés au Maroc le vendredi 2 mars à 19h

 
HERstory, définie comme une exposition d’archives, fait entendre les voix de féministes, hommes et femmes, du monde entier.
Dans le cadre de leur résidence, Julie Crenn et Pascal Lièvre recevront et interviewrons des artistes et militant.e.s actif.ve.s au Maroc sur leurs projets mais aussi sur leur position par rapport aux féminismes.
Ainsi, l’exposition présentée au Cube prévoit la diffusion des entretiens inédits réalisés au Maroc, enrichis des portraits précédemment filmés à Paris, ainsi qu’une série de vidéos, parmi lesquelles des extraits de conférences, des chansons ou encore des clips militants, récoltées sur internet. De plus, une bibliothèque féministe sera mise à disposition des visiteurs durant tout le temps de l’exposition. Ces ouvrages, dont les auteurs s’expriment depuis les différents continents, attestent d’une dynamique et d’un engagement critique global.
HERstory est une invitation à voir, écouter, lire, informer, découvrir, échanger, rencontrer, proposer, débattre, interroger et s’ouvrir aux pensées postféministes.
Des pensées extrêmement foisonnantes, qui, de jour en jour, s’étendent, se contredisent, se précisent et s’affinent. Des pensées qu’il est nécessaire de faire circuler pour générer une vision plurielle de nos sociétés.

____
Projet réalisé en coopération avec la Fondation Heinrich Böll Stiftung Afrique du Nord Maroc, l'Institut Français de Rabat, la Maison des Arts de Malakoff et les maisons d'édition tahin party, Nouvelles Questions Féministes, Mamelis, Amsterdam, La découverte, En Toutes Lettres, Tarik et Le Fennec.

  

 

Live Radio Happening

curated by Anna Raimondo and presented with Chloe Despax

30.01. - 30.01.2018

© Silvia Renda
© Silvia Renda

     

     Mardi 30 janvier à partir de 17h30
     Le live radio commencera à 6h précise

  
Rejoignez-nous au Cube – independent art room pour prendre part collectivement au live radio curaté par Anna Raimondo, en direct de Bruxelles.
A cette occasion, chacun est invité à réagir et interagir avec Anna Raimondo via whatsapp ou messages vocaux et ainsi devenir un des acteurs de ce live radio - les interventions étant diffusées en direct.
_
Un happening radiophonique initié par Anna Raimondo, en live avec le public au Recyclart (Bruxelles) et en direct streaming sur Radio Panik avec les auditeurs à l'écoute à Barcelone, Buenos Aires, à Dakar, à Florence, à La Paz, à Madrid, à Marseille, à Milan, à Naples, à Rabat, à Ramat Hasharon, à Tenerife, à Valparaiso... et chez toi!
Performances lives, assortiments éclectiques de créations radiophoniques provenant du monde entier, micro-trottoirs made in Bruxelles, nourris par l’interaction unique du public, sonnent et résonnent pour célébrer ensemble la radio et sa communauté d’auditeur et auditrices.
Car la radio est incontrôlable, est partout, est rassemblement, est plurielle…

Avec les interventions artistiques de: Daniel Bargach Mitre (VE/BO), Myriam Pruvot (FR/BE), Franziska Windisch (DE/BE), Thierry Madiot (FR) et autres à venir...

 

 

 

Attokoussy - rituels et croyances au Maroc

Leila Sadel, Mohammed Laouli, Abdessamad El Montassir, Zainab Andalibe

17.01. - 16.02.2018

visuel: "Barouk" (détail) © Mohammed Laouli
visuel: "Barouk" (détail) © Mohammed Laouli


 Vernissage le mercredi 17 janvier à partir de 18h30
 Exposition du 18 janvier au 16 février 2018

  
« Attokoussy » est un projet d’art et de recherche qui ouvre un espace de réflexion et d’expression sur les rituels et les croyances au Maroc.
Dans ce contexte, Le Cube – independent art room invite quatre artistes marocains, Zainab Andalibe, Mohammed Laouli, Abdessamad El Montassir et Leila Sadel, à réfléchir ensemble à des thématiques liées aux mythes et aux rituels, afin de déployer des pensées endogènes et contemporaines sur ces sujets. Ce projet est né d’un besoin de proposer de nouvelles visions sur ces thématiques longtemps abordées et folklorisées, et d’analyser quels pourraient être leurs impacts et leurs enjeux dans nos sociétés actuelles et mondialisées.
Faisant suite à une résidence à Marrakech, deux expositions en Autriche, et une série de rencontres, projections et conférences, cette exposition présente les projets inédits réalisés par les artistes spécifiquement pour « Attokoussy ». Ces explorations politiques et poétiques des rituels appellent une infinité d’associations symboliques et politiques, que les spectateurs sont invités à observer de manière kaléidoscopique, à la lumière du présent et de l’avenir.
Le vernissage sera également l’occasion de partager avec vous la publication réalisée dans le cadre de ce projet.
___
Ce projet a reçu le soutien du Ministère de la Culture du Maroc.
 
FE